Quelle est la langue la plus difficile à apprendre ?
Qu’est-ce qui rend une langue difficile à apprendre ? Il s’avère que la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Malgré cette subjectivité, certaines langues présentent des défis uniques qui les rendent particulièrement difficiles pour la plupart des apprenants. Dans cet article, nous explorerons ce qui rend réellement une langue difficile — au-delà des clichés — et nous examinerons des exemples qui repoussent les limites des capacités linguistiques humaines.
Selon la théorie de la grammaire universelle de Noam Chomsky, tous les êtres humains naissent avec une prédisposition innée à l’acquisition du langage. Ce mécanisme inné n’est pas spécifique à une langue en particulier. Il consiste plutôt en des principes et des règles universels qui permettent à quiconque d’apprendre n’importe quelle langue humaine.
Bien qu’il s’agisse encore d’une théorie et d’un sujet de débat, elle offre un moyen utile de comprendre pourquoi l’apprentissage des langues est une compétence humaine si fondamentale. Pourtant, même avec cette prédisposition naturelle, certaines langues restent nettement plus difficiles à apprendre que d’autres.
L’illusion d’une réponse simple
Lorsque les gens se demandent quelle est la langue la plus difficile à apprendre, la conversation dérive souvent vers les suspects habituels — le chinois, l’arabe ou le russe — généralement en raison de l’inconnu des scripts ou de la complexité perçue. Mais l’apprentissage d’une langue est bien plus nuancé que cela. Il dépend non seulement de la langue elle-même, mais aussi de la personne qui l’apprend et de la raison pour laquelle elle l’apprend.
Explorons les véritables facteurs qui rendent une langue difficile, allons au-delà des clichés et examinons de plus près certaines langues moins connues mais objectivement difficiles.
La difficulté linguistique est relative
La langue qui vous semble la plus difficile peut être relativement facile pour quelqu’un d’autre. Pourquoi ? Parce que le principal facteur qui influence la difficulté d’une langue est votre langue maternelle.
Un locuteur espagnol trouvera probablement le portugais ou l’italien faciles à apprendre en raison de leurs similitudes structurelles et lexicales. Cependant, ce même locuteur espagnol pourrait avoir beaucoup de mal avec le coréen ou le finnois.
Avant d’aborder la question des langues difficiles, il est important de préciser que la difficulté est relative.
Qu’est-ce qui rend une langue difficile ?
Toutes les difficultés ne se valent pas. Analysons les éléments qui contribuent à la complexité d’une langue :
- Phonologie : des sons, des tons ou des groupes de consonnes inhabituels peuvent rendre la prononciation et la compréhension orale difficiles.
- Grammaire : certaines langues ont plusieurs niveaux de cas, de conjugaisons verbales ou de formules honorifiques qui alourdissent la grammaire.
- Morphologie : les langues agglutinantes ou polysynthétiques peuvent former de longs mots composés riches en signification.
- Syntaxe : l’ordre des mots et la structure des phrases peuvent être radicalement différents de ce à quoi l’apprenant est habitué.
- Lexique : certaines langues ont un vocabulaire qui ne ressemble en rien aux racines indo-européennes, offrant ainsi peu d’indices.
- Caractéristiques sociolinguistiques : le registre, le degré de formalité et le contexte culturel déterminent souvent comment et quand certaines formes sont utilisées.
Au-delà des limites de la langue : quand l’esprit fait obstacle
Les défis linguistiques peuvent prendre différentes formes. Parfois, le plus grand défi est interne.
De nombreux apprenants sont confrontés à des obstacles émotionnels ou psychologiques qui ralentissent leurs progrès, voire les empêchent de se lancer. Ces blocages sont souvent invisibles, mais bien réels, et peuvent donner l’impression qu’une langue est « difficile », quelle que soit sa structure réelle.
Obstacles émotionnels courants :
- Peur de l’échec ou de l’embarras, en particulier en matière de prononciation ou d’expression orale.
- Perfectionnisme, qui conduit à une paralysie en cas d’erreurs.
- Associations négatives, telles que des expériences traumatisantes ou des préjugés culturels liés à une langue spécifique.
- Manque de confiance, en particulier chez les apprenants adultes ou les personnes ayant connu des expériences scolaires difficiles.
- Sentiment d’être dépassé, causé par la pression de devoir atteindre rapidement la maîtrise de la langue ou de suivre le rythme des autres.
L’esprit fait partie intégrante du processus d’apprentissage. Reconnaître et surmonter ces obstacles peut faire une énorme différence en termes de motivation et de rétention.
Quelques exemples qui sortent des clichés
S’il est vrai qu’aucune langue n’est universellement difficile pour tout le monde, certaines langues restent néanmoins difficiles pour la plupart des apprenants, sans pour autant être souvent mentionnées dans les discussions courantes. Ces langues repoussent les limites de ce que beaucoup imaginent lorsqu’ils pensent à la difficulté d’apprentissage d’une langue.
Voyons quelques exemples.
Le géorgien : un véritable casse-tête linguistique
Le géorgien, langue officielle de la Géorgie, est souvent négligé dans les classements de difficulté, ce qui est injuste.
Parlé dans la région du Caucase depuis des millénaires, le géorgien est l’une des plus anciennes langues encore parlées au monde, et l’une des plus singulières. Il appartient à la famille des langues kartvéliennes, qui n’a aucun parent connu en dehors de la région, ce qui en fait une langue isolée sur le plan linguistique. Sa tradition littéraire ancienne remonte au Ve siècle et, fait remarquable, il utilise son propre alphabet original, le mkhedruli, l’un des rares alphabets au monde à s’être développé de manière indépendante.

Du point de vue de l’apprenant, le géorgien représente un défi fascinant mais redoutable. Tout d’abord, il comporte des groupes de consonnes complexes qui peuvent être intimidants à prononcer, comme par exemple gvprtskvni, qui signifie « vous nous épluchez » (oui, je sais, vous n’aurez probablement jamais besoin de cette expression). Les mots de ce type ne sont pas des exceptions, mais une caractéristique courante de la langue.
Cette langue du Caucase du Sud possède :
- Une structure ergative-absolutive (c’est-à-dire une manière non standard de traiter grammaticalement les sujets et les objets)
- Un système verbal complexe avec une utilisation intensive de préverbes et d’accord polypersonnel
Mais il n’y a pas…
- de genre grammatical ni d’articles définis ou indéfinis. Cela peut sembler simpliste, mais cela supprime des indices contextuels importants.
Bien que l’alphabet ne soit pas difficile à apprendre en soi (il est phonétique), la grammaire et la morphologie géorgiennes représentent un défi de taille pour toute personne qui ne connaît pas les langues caucasiennes.
Hongrois : quand la logique rencontre l’exception

Le hongrois appartient à la famille des langues ouraliennes et se distingue de la plupart des langues européennes. Sa grammaire est riche et structurée, mais regorge d’exceptions qui peuvent dérouter les apprenants.
L’une de ses caractéristiques les plus complexes réside dans ses 18 cas grammaticaux, chacun ayant des usages spécifiques pour exprimer des significations spatiales, temporelles et relationnelles. Le hongrois est une langue agglutinante, ce qui signifie qu’il ajoute des suffixes aux racines pour transmettre des nuances détaillées, ce qui donne des mots très longs et précis.
La langue utilise également l’harmonie vocalique, un système dans lequel les voyelles d’un mot s’harmonisent pour maintenir la cohérence phonétique, ce qui affecte les suffixes et la prononciation.
Parmi les autres difficultés, on peut citer :
- Les cas peuvent atteindre jusqu’à 35 si l’on inclut ceux qui s’appliquent aux prépositions
- Un vocabulaire éloigné de la plupart des langues européennes
- Des conjugaisons verbales complexes
Le hongrois est extrêmement logique : une fois que vous en comprenez les schémas, il est cohérent. Mais pour en arriver là, il faut du temps, de la patience et beaucoup de pratique.
Navajo : une leçon magistrale en matière de polysynthèse
Le navajo, une langue autochtone parlée principalement dans le sud-ouest des États-Unis, est souvent considéré comme l’une des langues les plus difficiles à apprendre au monde. Sa complexité ne tient toutefois pas uniquement à la rareté des ressources d’apprentissage : elle exige de repenser complètement la manière dont les phrases sont construites.
La structure verbale du navajo est extrêmement complexe : un seul verbe peut contenir une phrase entière, avec des préfixes indiquant qui effectue l’action, sur qui ou quoi elle est effectuée, quand elle se produit et de quelle manière. Ces éléments doivent être disposés dans un ordre strict, et un petit changement peut complètement modifier le sens. De plus, les verbes ne sont pas choisis uniquement en fonction de l’action, mais aussi en fonction de la forme de l’objet concerné : il existe différents verbes pour « porter » un objet rond, un objet flexible, un liquide ou plusieurs objets.
Enfin, le vocabulaire reflète une vision du monde profondément liée à la nature et à la spiritualité. De nombreux concepts sont difficiles à traduire, car ils ne sont pas seulement des mots, mais aussi des représentations culturelles.
Les principales caractéristiques de Navajo sont les suivantes :
- L’ordre des noms est principalement déterminé par leur animéité : les noms plus « vivants » ou plus proches de l’humain ont tendance à apparaître avant les noms moins animés dans une phrase.
- Structure de phrase avec le verbe en premier et formes verbales complexes.
- Tons et voyelles nasales pouvant modifier le sens.
- Vocabulaire commun limité avec les langues courantes.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le navajo a été utilisé comme code militaire indéchiffrable. Cela donne une idée de son caractère structurel unique.

Islandais : ancien, préservé et puissant
Souvent décrit comme une capsule temporelle linguistique, l’islandais a conservé de nombreuses caractéristiques du vieux norrois qui ont disparu des autres langues scandinaves. Il a très peu évolué depuis l’époque viking, ce qui est formidable pour lire les sagas, mais cauchemardesque pour les apprenants.

La grammaire est compliquée par un système verbal détaillé et la présence de cas qui s’appliquent aux noms, pronoms et adjectifs, mais la prononciation constitue un autre obstacle. Bien que l’islandais utilise l’alphabet latin, il comprend plusieurs lettres inhabituelles telles que þ (thorn) et ð (eth), dont les sons n’existent pas dans la plupart des langues. De plus, la langue est riche en diphtongues et en changements de voyelles, et les accents toniques ne correspondent pas toujours à ce à quoi les apprenants pourraient s’attendre.
Enfin, l’islandais a une forte tradition de purisme linguistique. Au lieu d’emprunter des mots étrangers, il crée souvent de nouveaux termes à partir de racines du vieux norrois, ce qui signifie que même des concepts modernes comme « ordinateur » (tölva) ou « téléphone » (sími) semblent complètement inconnus.
Cette langue se caractérise par :
- Grammaire très flexionnelle, avec quatre cas et de nombreuses irrégularités
- Mots archaïques et composés qui nécessitent un décodage
- Structure syntaxique rigide malgré une certaine flexibilité dans l’ordre des mots
L’islandais est suffisamment proche d’autres langues germaniques (en particulier le vieux norrois et l’allemand) pour être légèrement plus accessible, si vous avez des connaissances linguistiques pertinentes.
Langues uniquement orales et non standardisées : quand le défi réside dans l’accès
Certaines des langues les plus difficiles à apprendre ne sont pas celles dont la grammaire ou la prononciation sont complexes, mais celles qui ne possèdent aucune structure formelle. Des milliers de langues à travers le monde existent sans système d’écriture, sans grammaire standardisée, ni même sans matériel d’apprentissage fiable.
Il s’agit de langues parlées par de petites communautés souvent isolées, dont beaucoup sont menacées ou non répertoriées. Citons par exemple les langues autochtones de l’Arctique, les dialectes non codifiés parlés dans les zones rurales d’Italie et du Moyen-Orient, les langues orales aux modalités uniques telles que les langues sifflées (par exemple, le silbo gomero) ou les langues à clics d’Afrique australe.
Le défi ici n’est pas la complexité linguistique, mais l’inaccessibilité pratique. Pourquoi elles sont difficiles :
- Manque de ressources d’apprentissage : pas de manuels, pas de guides de grammaire, pas de cours en ligne.
- Pas de système d’écriture standardisé : vous ne pouvez pas rechercher un mot sur Google ou vérifier une traduction, car il n’existe pas de corpus à consulter.
- Grande variation régionale : les dialectes peuvent différer même entre des villages voisins, sans forme unifiée à apprendre.
- Pas de statut officiel : ces langues ne sont souvent pas enseignées à l’école ni reconnues dans la vie publique, ce qui les rend invisibles dans l’éducation formelle.

L’apprentissage de l’une de ces langues nécessite souvent une immersion totale, des interactions prolongées avec des locuteurs natifs et parfois même un travail de terrain linguistique. Vous n’apprenez pas seulement une langue, vous contribuez également à préserver une identité culturelle.
Pourquoi l’apprentissage de n’importe quelle langue est possible (avec les bons outils)
Même les langues les plus « difficiles » deviennent accessibles grâce à une pratique régulière, une exposition constante et, surtout, les bons outils. En utilisant une suite bureautique telle que ONLYOFFICE, les apprenants et les enseignants peuvent :
- Créez et partagez des fiches de travail interactives sur les langues.
- Utilisez des plugins intégrés tels que des dictionnaires et des traducteurs.
- Collaborez en temps réel sur des projets multilingues.
- Gérez vos tâches et vos notes de manière structurée à l’aide de modèles ou d’un agenda numérique.
ONLYOFFICE est également très flexible : vous pouvez l’intégrer à des plateformes éducatives et des systèmes de gestion de l’apprentissage (LMS) populaires tels que Moodle, Chamilo, OpenOlat et bien d’autres. Cela facilite le regroupement des ressources d’apprentissage linguistique, des devoirs et des outils de collaboration dans un environnement numérique centralisé, idéal pour les cours en présentiel et à distance.
Conseil bonus : l’IA pour surmonter les blocages émotionnels
Pour de nombreux apprenants, en particulier ceux qui souffrent d’anxiété ou d’un manque de confiance en eux, parler avec de vraies personnes peut être intimidant. La peur d’être jugé pour ses fautes de prononciation, ses erreurs grammaticales ou simplement pour « ne pas parler assez couramment » peut créer un blocage mental qui empêche de progresser.
C’est là que les outils basés sur l’IA peuvent faire toute la différence.
Grâce à l’IA conversationnelle, comme les chatbots, les tuteurs linguistiques ou les assistants virtuels, les apprenants peuvent s’exercer à parler et à écrire sans pression ni gêne. Ces outils offrent un environnement sans jugement où il est acceptable de faire des erreurs, de répéter des exercices ou d’expérimenter de nouveaux mots de vocabulaire. C’est comme avoir un partenaire patient, toujours disponible, qui n’interrompt jamais et ne corrige jamais trop sévèrement.
ONLYOFFICE, par exemple, propose un plugin IA intégré qui peut être utilisé pour l’aide à la rédaction en temps réel, les traductions et les suggestions grammaticales, ce qui facilite la pratique et le perfectionnement des compétences linguistiques directement dans vos documents.
L’IA peut vous aider à renforcer votre confiance en vous en privé, afin que lorsque vous serez prêt à parler avec de vraies personnes, le blocage émotionnel ne soit plus un obstacle.
Apprendre une langue complexe prend du temps, mais avec un environnement numérique adapté, le processus devient plus efficace et motivant.
Conclusion
Alors, quelle est la langue la plus difficile à apprendre ? Comme nous l’avons vu, la réponse n’est pas simple. Mais une chose est claire : même si certaines langues peuvent sembler presque impossibles à première vue, aucune langue n’est vraiment impossible à apprendre.
Avec le bon état d’esprit, une méthode cohérente et les bons outils, toute langue devient accessible.
Apprendre une langue n’est jamais facile, mais cela en vaut toujours la peine. Restez curieux, restez patient et n’ayez pas peur de faire des erreurs. Chaque mot que vous apprenez est un pas de plus vers la compréhension d’un autre monde.
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